Pas d’inquiétude, nous ne prenons parti pour personne dans le long différend concernant le retrait/le vol de sculptures de la Grèce antique à Athènes par le 7e comte d’Elgin, au début du XIXe siècle. Les Elgin Marvels qui nous intéressent sont de nature liquide : deux embouteillages remarquables issus de la jolie petite ville au cœur du Moray Speyside.
L’histoire de deux merveilles
Ces Elgin Marvels ont beau venir de la même ville, ils racontent deux facettes radicalement différentes de l’histoire de la création du whisky. À 33 et 38 ans, ce sont deux vénérables doyens d’Elgin, réunis non seulement par une longue maturation mais aussi par leur intense fruité.
Mais c’est dans leurs parcours de maturation que nos Marvels ont emprunté des chemins entièrement différents pour devenir ce qu’ils sont aujourd’hui.
Pour le fût no 35.405 : Élégance sculpturale, nous avons eu une bien plus grande influence sur ce qu’il est devenu au fil de 38 années. Tout a commencé avec deux bourbon hogsheads, l’un de 1987 et l’autre de 1988. Lorsqu’ils ont atteint 31 ans, nous avons transféré chacun séparément dans des barriques de Pedro Ximénez first fill, où ils sont restés jusqu’à leurs 34 ans. À ce moment-là, nous avons ajouté le contenu du whisky de 1987 dans le fût de 1988 pour les marier, puis, à 36 ans, nous avons déplacé l’ensemble dans un fût de bourbon second fill, où ce whisky a passé le reste de son temps à se marier.
Le résultat de ce parcours est un whisky magnifiquement complexe, avec une palette d’arômes allant du bread and butter pudding aux noix du Brésil enrobées de chocolat noir belge et à la poire pochée épicée aux mûres.
Le fût no 7.286 : Frise de bombes fruitées, en comparaison, a été très largement laissé tranquille depuis sa distillation en 1992 et a bénéficié de 33 ans de maturation sans intervention dans un refill bourbon hogshead. Le résultat ? Une vieille bombe de fruits sans chichis, d’une luxuriance presque indécente, dotée de cette extravagance juteuse qu’on associe aux époques plus anciennes de ce style ; avec de généreuses notes de cerise, de mangue, de confiture d’ananas, de bonbons pétillants et de café cold brew fruité, ainsi que toutes sortes de notes allant de la crème de coco sucrée, du caramel à la menthe et du vieux tabac à pipe à la papaye trop mûre, à la gentiane et à encore plus de fruit de la passion.
Une œuvre d’art de la Society
Vous pouvez apprécier ces Elgin Marvels en toute bonne conscience, sans vous soucier de pillage, d’identité culturelle ou de restitution. Ils n’ont leur place dans aucun musée. Leur véritable beauté réside dans leur destruction – la rupture du sceau, la torsion du bouchon et le glouglou profondément satisfaisant d’un sublime Single Malt d’âge dans votre verre. Ou alors, vous pouvez les exposer comme votre propre œuvre d’art de la Society sur votre étagère à whisky – du moins pour un temps.

CASK No. 35.405
Élégance sculpturale
Fruits secs et épices
Wow – au vu du parcours de ce whisky, la profusion d’arômes n’était pas une surprise. Après de longues discussions, l’image suivante s’est dessinée: imaginez-vous assis à une interminable table de salle à manger ancienne en frêne olivier parfaitement polie, dans une bodega de sherry de style cathédrale à Jerez, tandis qu’on vous sert un curry vert thaï. En bouche, nous avons eu droit au dessert: un opulent bread-and-butter pudding, une poire pochée aux épices accompagnée de mûres et des noix du Brésil enrobées de chocolat noir belge. Ajoutez une goutte d’eau, si vous le souhaitez, et vous serez récompensé par un old fashioned fumé à l’encens, suivi de macarons au chocolat noir à la rose et au basilic et de calissons d’Aix, une confiserie traditionnelle française à base d’amandes, d’écorce d’orange et de glace royale.
CASK No. 7.286
Frise de bombes fruitées
Fruits mûrs et miel
Dégusté pur, le nez exhalait des cerises enrobées de chocolat, de la noix de coco, de la glace à la vanille, du stout au chocolat et la richesse umami des cubes de bouillon. Nous y avons aussi trouvé des qualités plus fruitées, comme la mangue séchée, les raisins secs et le vin de prune. L’eau a apporté du miel, de l’orange bitters, de la marmelade, de l’huile de teck et des noisettes confites. En bouche, les fruits ont d’emblée dominé: des notes superbement vibrantes et voluptueuses de cerise, de mangue, de confiture d’ananas, de bonbons pétillants et de café cold brew fruité. Avec le temps, tout cela a magnifiquement évolué vers le fruit de la passion et des notes cireuses. Avec de l’eau, le Panel en est resté presque sans voix. De pures couches de fruits! Nous y avons décelé des notes en tout genre – de la crème de coco sucrée, du toffee à la menthe et du vieux tabac à pipe jusqu’à la papaye trop mûre, la gentiane et encore du fruit de la passion.
